12 novembre 2007
Appel de la coordination nationale de Rennes
Nous,
étudiants réunis en coordination nationale, représentant les assemblées
générales de universités, constatons que la mobilisation prend chaque
semaine de l’ampleur contre la LRU et les attaques du gouvernement.
Plus de 50 assemblées générales ont eu lieu cette semaine, réunissant
des dizaines de milliers d’étudiants. Plus de 25 universités sont en
grève, dont plus de 15 ont voté massivement le blocage et l’arrêt total
des cours. La mobilisation des étudiants s'annonce donc massive. Des
assemblées générales sont prévues cette semaine dans presque toutes les
universités.
Nous refusons la LRU parce qu’elle vise à
démanteler le service public d’enseignement supérieur, amorcé depuis
plus de 30 ans à travers de nombreux projets de lois (loi Faure, Projet
De Waquet, Plan U3M, LMD, Loi de Modernisation des Universités), dont
l’objectif principal est la mise en concurrence des universités à
l’échelle mondiale comme aux niveaux nationaux. La LRU va vers la
privatisation des universités, augmentant ainsi le poids des
entreprises et du privé. Les universités pourront être gérées comme des
entreprises par des présidents tous puissants et des conseils
d’administration avec encore moins de contrôle démocratique. Ainsi, les
universités seront mises en concurrence avec comme conséquence une
baisse du financement des filières considérées comme non rentables, une
dégradation des conditions d’études dans les universités, et une
augmentation de la sélection envers les étudiants. La loi instaure une
présélection des lycéens à l’entrée de l’université et facilite à terme
l’augmentation des frais d’inscriptions. Nous appelons l’ensemble des
lycéens à se mobiliser et à bloquer leurs établissements.
De plus,
les personnels enseignants comme non enseignants seront précarisés et
gérés directement par la présidence des universités : c'est la casse de
leur statut qui est programmée.
Cette réforme n'étant ni négociable, ni amendable tant au niveau national que local, nous exigeons son abrogation.
La
LRU n'est qu'une des mesures qui s'inscrivent dans la logique globale
de casse de l'éducation, des services publics, et de l'ensemble des
droits sociaux.
Nous exigeons un cadrage national des diplômes, une
augmentation des aides sociales et du budget de l’enseignement
supérieur, ainsi que la suppression des frais d'inscription. En
particulier, nous exigeons le rétablissement des 22000 postes de
fonctionnaires supprimés cette année dont les 11200 dans l'éducation
nationale.
Nous exprimons notre solidarité avec les luttes des
salariés qui se déroulent en ce moment et avec leurs revendications :
contre la remise en cause des régimes spéciaux et pour le retour aux
37,5 annuités pour tous ; contre les franchises médicales ; contre la
précarisation des statuts de la fonction publique. Cette solidarité ne
doit pas être un vain mot elle engage tous les acteurs du mouvement
social à travailler et à lutter ensemble. Nous dénonçons également la
stigmatisation des immigrés et nous exigeons l’abrogation des lois
anti-immigrés en particulier la loi Hortefeux, la régularisation de
tous les sans-papiers et la fermeture des centres de rétention, et la
fin des rafles. Au rouleau compresseur du gouvernement nous opposons la
convergence des luttes tous les secteurs attaqués, qui seule pourra le
faire céder.
Le gouvernement fait fermer les universités
bloquées et envoie les CRS dans celles qui sont occupées. A la
mobilisation, le gouvernement répond par des pseudo promesses et par
une répression dans les universités, nous appelons au boycott et
blocage des commissions de mise en place de la LRU. Nous condamnons
fermement les fermetures administratives et les agissements de la
police. Face aux référendums organisés par les administrations nous
affirmons la seule légitimité des Assemblées Générales et des comités
de grèves pour décider des suites du mouvement. Les votes à bulletins
secrets doivent être empêchés car ils nuisent au mouvement.
•
Nous appelons la population à soutenir notre mobilisation, celle des
cheminots et la grève du 20 novembre dans la fonction publique. C’est
par une lutte de tous et pour tous, que nous pourrons faire céder le
gouvernement.
• Nous appelons les étudiants à se mettre en grève
dès maintenant, à construire la lutte avec piquets de grève, blocage et
occupation à discuter et convaincre autour d’eux pour construire un
mouvement encore plus massif. Nous appelons tous les personnels des
universités à nous rejoindre dans la grève.
• Nous appelons à une journée nationale d'action de blocage des gares le mardi 13 Novembre.
• Nous appelons à manifester aux côtés des cheminots le 14 ou le 15 novembre selon les villes.
• Nous appelons à manifester massivement le 20 novembre avec la fonction publique.
•
Nous appelons les salariés du public comme du privé à se saisir de ces
dates pour nous rejoindre dans la grève, car c'est tous ensemble,
étudiants, lycéens, travailleurs que nous ferons céder le gouvernement.
•
La coordination ne reconnaît pas et condamne toute négociation de
syndicat ou organisation avec le gouvernement car l’objectif est la
mise en place d’un rapport force, le seul moyen de satisfaire nos
revendications.
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